Les femmes en première ligne face à la vague de grand froid

Dans une initiative proactive visant l’atténuation des effets de la vague de froid sur les citoyen-ne-s, notamment les habitant-e-s des zones enclavées du Royaume, le ministère de l’intérieur a présenté le Plan National de lutte contre la vague de froid 2019-2020 devant le parlement et la chambre des conseillers en novembre 2019 puis en décembre 2019.

L’Association Démocratique des Femmes du Maroc – ADFM – est soucieuse des conditions pénibles que subissent les femmes des zones enclavées, en cette période de grand froid, et qui sont liées à leurs responsabilités et obligations et au travail reproductif les exposant le plus aux périls et conséquences néfastes des changements climatiques, et attire l’attention des autorités sur la nécessité d’anticiper ces conséquences dans l’espace et le temps.

Toutefois, bien que le bilan de la saison ne soit pas encore d’actualité, l’ADFM s’interroge non seulement sur l’effectivité des commissions provinciales de veille, sur leur rôle de suivi de la situation et sur la sensibilisation des populations, mais également sur le degré d’implication des communes, dans une logique de partenariat avec le gouvernement, afin de mener à bien ce plan national.

Afin de ne plus revivre d’aussi triste événement que celui du décès d’une femme en janvier 2018 suite à des chutes de neige ayant entraîné l’effondrement du toit de sa maison à Douar Zroun, dans la commune de Tighedouine (province d’Al-Haouz), il serait judicieux de s’interroger sur les mesures effectives à prendre en termes d’adaptation et d’atténuation, face aux changements climatiques, notamment en matière d’adaptation transformationnelle, en  vue d’apporter des réponses durables aux risques liés aux changements climatiques et sans lesquelles ces zones vulnérables du Royaume vivraient chaque année la même détresse.

La population féminine est, en définitif, celle qui souffre le plus des effets des changements climatiques de par sa charge de travail qui l’incite à la corvée de l’eau et du bois, souvent au péril de sa sécurité et au détriment de sa santé.

Le manque d’accès à l’information, suscité par le faible taux d’équipement en termes de nouvelles technologies des femmes des zones enclavées et de la couverture insuffisante en réseaux de télécommunications, accentue la vulnérabilité de ces femmes et met en évidence l’inégalité des chances en termes de protection contre les aléas du grand froid et toute autre conséquence liée de près ou de loin aux changements climatiques.

Dans ce cadre, l’ADFM appelle les responsables à la mise en œuvre efficace et au suivi régulier du Plan National Riaya, afin d’y apporter les ajustements requis et d’y intégrer l’approche d’adaptation transformationnelle afin de préserver les droits humains des femmes et d’assurer leur inclusion systémique dans le développement de ces régions.

 

Association Démocratie des Femmes du Maroc Le 21 janvier 2020