Ensemble pour l'égalité et la dignité
  septembre 2017  
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Caravane de sensibilisation l’Egalité, mon droit, ma dignité Le 2 Mai 2014 à Ouzoud
A chaque caravane, je suis marquée par le manque d’informations chez la population, le manque de structures primaires, l’exclusion et le sentiment d’injustice chez la population. Les femmes sont les plus touchées.

Portrait de Naima E.

C’était un vendredi, l’endroit est fréquenté par des touristes, surtout de l’étranger, je prends place dans un café-restaurant pour rencontrer Naima E. qui tient ce commerce pas loin des cascades d’Ouzoud. Son parcours est celui de beaucoup de femmes qui se battent tous les jours pour subvenir aux besoins de leurs familles :

Naima est âgée de 48ans, elle s’est mariée à un militaire, se sont installés à Tadla et ont eu deux fils qui sont âgés de 28ans et 27ans, l’ainé est marié.

Tout a basculé dans la petite famille de Naima quand son mari, qui a été affecté dans la région du Sahara, a été séquestré par le Polisario en 1991, elle s’est trouvée seule avec deux enfants à sa charge, sans ressources ni travail, menacée d’expulsion du logement qu’occupait la famille.

Naima a pris ses enfants et a décidé d’aller chez ses parents dans sa région natale Ouzoud, sa mère qui était encore en vie est décédée un an après. Naima a décidé de travailler, cette fois ci, en dehors de la maison, ses frères ont essayé de l’empêcher, un de ses frères l’a poursuivie en justice, seul son père était à ses côtés et l’encourager et par la suite lui a confié la gestion du café restaurant.

Naima a commencé par préparer le pain qu’elle sortait vendre, cela a duré 4ans, ensuite elle a pris le commerce de son père et travaillait d’arrache pieds en payant et en prenant à sa charge des personnes pour les travaux (cuisine, service, entretien…) ; Naima recrutait aussi pendant les vacances de jeunEs élèves et étudiant-es en leur assurant le gîte et en les payant à la fin des vacances et elle est fière d’avoir participé, en partie, pour que des jeunes aient terminé leurs études.

Naima actuellement est responsable du père très âgé, de sa femme, de sa soeur de 12 ans, du mari, libéré quelques années après, de son fils et du reste de la famille en plus du personnel grâce au commerce tenu par Naima.

La plupart des habitant-es connaissent Naima et la respectent pour son courage, son sérieux dans la gestion du commerce et pour ses relations avec les autres.

Chama Bendoum