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Terres collectives : Femmes Mobilisées pour bénéficier des mêmes droits que les hommes
Le système qui réglemente les terres Jmouâ (terres collectives) soulève le tollé d’un certain nombre de femmes marocaines qui se considèrent lésées par rapport aux hommes. En effet, ces dernières années les autorités ont procédé à plusieurs opérations de transaction avec les différentes tribus portant sur l’échange des terres collectives contre des lots individuels.

Une bataille menée avec le soutien de l’ADFM

En général, seuls les hommes, en tant que chefs de famille, ont le droit de bénéficier de ces lots. « Par contre, les femmes, surtout celles qui se trouvent dans une situation matérielle précaire, sont obligées de quitter ces terres pour rechercher refuge dans des bidonvilles », précise Saida Idrissi, présidente de la section de Rabat de l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM). En général, il s’agit de mères avec des enfants à charge. Devant cette situation, plusieurs groupes de femmes, à travers tout le pays, ont été mobilisés pour mettre un terme à ce traitement discriminatoire. Ce travail a été initié avec le soutien de l’ ADFM. Celle-ci a déjà posé le problème au département de tutelle, en l’occurrence le ministère de l’Intérieur. « L’ADFM dénonce cette coutume archaïque qui spolie les femmes de leurs droits. Ce privilège, accordé aux hommes dans le système patriarcal ancien, n’est plus justifié dans notre société actuelle où le nombre de femmes « chefs de famille » ne cesse d’augmenter comme le montrent les statistiques », rappelle l’association dans une requête adressée le 8 mai 2007 à Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, concernant le cas d’El Haddada, une tribu située dans la région de Kénitra. Profitant de l’occasion, l’ADFM revendique « le droit des femmes de toutes les tribus du Maroc à bénéficier de la répartition des terres collectives ». Suite à cette mobilisation de grande envergure, des promesses ont été faites par les responsables de donner une suite favorable lors des prochaines opérations de répartition. Mais depuis, rien n’a été décidé. Pour mobiliser les troupes et en vue de sensibiliser l’opinion publique sur ce dossier, l’ADFM a organisé, mardi dernier à Rabat, une rencontre entre les représentantes de ces femmes avec la presse. Elles sont venues de différentes régions du pays pour parler de leur problème, comme c’est le cas de Fatima El Akioui, enseignante retraitée de la région d’Ifrane qui a connu ces dernières années de grandes opérations de cession de terrains Joumâ au profit des promoteurs immobiliers marocains et étrangers. Avec Fatima El Akioui, plus de 200 femmes sont mobilisées et se déclarent prêtes d’aller jusqu’au bout. Elles ne cessent de frapper à toutes les portes avec à l’appui un dossier bien argumenté par des documents administratifs et historiques pour défendre leur droit. « Par le passé, la femme a été impliquée dans l’exploitation de ces terres dans des activités agricoles ou d’élevage, alors qu’actuellement, elle se trouve écartée. Juste au moment de la distribution des lots », s’indigne El Akioui. A noter que cette rencontre visait aussi l’élaboration d’un plan d’action pour les mois à venir », souligne Idrissi. Première démarche : revoir les responsables du département de tutelle pour savoir où en sont les promesses déjà formulées.

Riche patrimoine

L’assiette foncière relevant des terres collectives, plus communément connues sous l’appellation Jmouâ est considérable. Mais aucune estimation précise de l’étendue de ces terres ne peut être fournie pour le moment. Elles constituent un riche patrimoine mais représentent aussi un obstacle à la réforme foncière. Régies par le dahir du 27/04/1919, elles sont placées sous tutelle du ministère de l’Intérieur, via la direction des affaires rurales. Ces terres appartiennent à la collectivité ethnique. Incessibles, elles peuvent être attribuées en parts à des ayants droit, ou bien non affectées et donc exploitées pour le compte de toute la collectivité.

- Source : www.leconomiste.com
Par Nour Eddine EL AISSI

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