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Communiqué de l’Association Démocratique des Femmes du Maroc
Le marchandage autour de la participation politique des femmes

A quand l’application de la Constitution ?

Alors que les différents enjeux de la mise en place de la prochaine chambre du parlement sont tels qu’ils engagent l’avenir de la démocratie au Maroc et celui des citoyens et citoyennes, les débats autour de la représentation politique des femmes tournent à un marchandage sur le nombre de sièges à leur impartir, comme si elles étaient une minorité sociale, religieuse ou ethnique. Les mécanismes de sièges réservés tels que la liste nationale pouvaient, à la rigueur, être recevables dans le passé en raison des obstacles de l’ancienne Constitution qui ne permettait pas l’adoption de mesures positives pour lutter contre les écarts historiques entre les femmes et les hommes en matière de réelle et effective participation politique et publique. Aujourd’hui, aucun fondement légal ni éthique ne peut justifier leur maintien. L’ADFM avait salué et considéré comme positives certaines dispositions de la nouvelle Constitution, notamment, parce qu’en consacrant les principes de l’égalité effective et de la parité, les obstacles aux mesures spéciales ou positives ont été levés. Aujourd’hui, notre indignation est grande de constater que :

- les premiers pas dans la mise en œuvre de la Constitution n’opèrent aucune rupture avec les pratiques politiques, considérées -et espérées - comme étant révolues ;

- la classe politique, dans ses différentes composantes, n’a pas fait l’effort de se montrer au diapason des enjeux et défis que la réforme Constitutionnelle est censée relever.

- la manière dont l’esprit et les dispositions de la Constitution ont été laissés de côté dans l’élaboration du projet de la loi organique de la chambre des représentants. C’est donc dans l’indignation, capacité dont personne ne peut nous priver, que nous posons la grande question de savoir si le Maroc ne va pas, encore une fois, rater le rendez- vous de la démocratie et de la modernité politique.

Association Démocratique des Femmes du Maroc

12 septembre 2011