Ensemble pour l'égalité et la dignité
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Communiqué de l’ADFM
L’interminable calvaire des femmes soulalyates

L’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) avait salué positivement les avancées réalisées vers la reconnaissance des droits des femmes soulalyates en tant qu’ayants droit, sur un pied d’égalité avec les hommes, aux terres collectives. Mais entre la reconnaissance administrative - par le biais des circulaires du Ministère de l’Intérieur, institution de tutelle, publiées en juillet 2009 et octobre 2010 - et la consécration de ce droit dans la réalité, le chemin est parsemé de nombreuses embûches :

. les critères d’identification des ayants droit (hommes et femmes) ne sont pas clairs ni unifiés sur l’ensemble des régions et localités. L’absence de critères définis participe à un manque total de transparence et introduit le doute et la méfiance des populations. C’est ainsi que dans plusieurs jmâates de Lgherb (Kesbat Mehdia, Lheddada, Ouled Oujih,…..) l’inclusion des noms de mineurs dans les listes des ayants droits constitue une grave atteinte à l’esprit de la circulaire N°60, et risque d’encourager la multiplication de ces pratiques dans d’autres régions, en l’absence d’une position du conseil de tutelle.

. l’usufruit de la terre ne bénéficie pas toujours aux femmes au même titre que les hommes. A ce jour, ce droit est reconnu dans certaines localités et dénié dans d’autres. A titre d’exemple, dans la Jmaâ de Aïn Chgag (région de Sefrou), certaines les femmes bénéficient dans le meilleur des cas de la moitié de la part attribuée aux hommes, au moment où celles des régions d’Errachidia, et Kesbet Tadla (les Jmaâ de Telt et de Berraka) sont complètement exclues des opérations de distribution des terres. L’ADFM - qui apporte son appui aux femmes Soulaliyates depuis les premières mobilisations - constate actuellement que les demandes légitimes de ces femmes marocaines, issues , majoritairement, de couches sociales défavorisées, continuent à ne pas recevoir l’attention et le traitement qu’elles méritent, au moment où :

. la nouvelle constitution interdit d’une manière forte et explicite toute discrimination basée notamment sur le sexe, et consacre l’égalité des hommes et des femmes dans tous les domaines ;

. le Maroc renforce son dispositif de protection et de promotion des droits de l’homme et de la lutte contre les discriminations, par la création de plusieurs institutions et autorités de protection et de défense des droits de l’homme dont notamment l’Autorité pour la parité et la lutte contre toute forme de discrimination. La concrétisation des principes et orientations, consacrés par la nouvelle constitution, commence par un règlement rapide, équitable et transparent d’une question qui touche plusieurs centaines de milliers de femmes dans leur quotidien. C’est la responsabilité première du gouvernement et de l’autorité de tutelle. Pour sa part, l’ADFM, qui tire sa force de la détermination des femmes soulalyates, continuera à leur apporter son soutien pour faire aboutir leurs demandes et contribuer, ainsi, à faire de l’égalité de tous les citoyens et de la justice sociale des réalités au Maroc.

Association Démocratique des Femmes du Maroc

25 août 2011