Ensemble pour l'égalité et la dignité
  août 2017  
lumamejevesadi
31123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031123
Il n'y a aucun évènement à venir pour ce mois dans l'agenda
L’ADFM rend hommage à Mohamed Arkoun
Mohamed Arkoun s’est éteint le 14 septembre 2010. Sa participation à la 1ère université du printemps organisée par l’ADFM du 24 au 31 mars 1995 demeurera indélébile dans nos mémoires. Cette Université, tenue à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II à Rabat sous le thème "Droits des femmes" avait réuni, pendant huit jours, une centaine de personnes des deux sexes appartenant au monde associatif, des médias, de l’éducation et de la communication dans le but de réfléchir et débattre sur la question des Droits des Femmes et de l’Egalité au rythme des conférences-débats et des travaux d’atelier.

Parmi les moments phares de cet événement et qui ont fortement contribué à sa réussite, figurait la prestation du 29 mars 1995 de feu Mohamed Arkoun qui, une heure et demi durant, a mené une réflexion sur "Islam, Tradition et Modernité" et a partagé avec le public ses idées sur des questions qui demeurent à ce jour préoccupantes. Le débat a porté entre autres sur la modernité et le turath (patrimoine), l’universel et l’universalisable, la démocratie et la laïcité…

la 1ère université du printemps organisée par l'ADFM du 24 au 31 mars 1995 En témoin téméraire, cet illustre intellectuel imputait l’état léthargique de la pensée et du monde arabo-musulman aux pouvoirs politiques "Et si nous n’avons pas jusqu’à présent produit une contribution visible aujourd’hui pour qu’on nous cite comme des références qui font autorité dans le monde pour participer à cette critique de l’universel par une pensée de l’universalisable, c’est parce que j’en témoigne, nous n’avons pas rencontré de soutien dans nos états de la part des pouvoirs politiques qui ont fait peu de cadeaux à la vie intellectuelle dans nos sociétés"… continuant ainsi dans son franc parler, Arkoun dénonce l’autocensure subie par les intellectuels et due " à la fois par le pouvoir étatique et par les pesanteurs sociologiques de nos sociétés" paralysant ainsi la réflexion. Pour libérer la pensée, Arkoun proposera de transgresser toutes les frontières des savoirs et vérités tout en déplaçant les questions d’un contexte dépassé ce qui exigerait à fortiori le dépassement. Cette attitude de l’esprit humain n’est autre que la laïcité "une conquête toujours répétée parce que l’espace de la laïcité se confond avec l’espace de la démocratie", l’une condition sine qua non de l’autre ! Ce grand homme qui vient de nous quitter n’avait-il pas dit avec raison : "Point de démocratie sans laïcité et point de laïcité sans démocratie contrôlée par tous les citoyens" !

Adieu Arkoun.